Questions à Klodi Cancelier
ARTS CARIBBEAN
Revue d'Art contemporain - Martiniqueklodi Cancelier - Nous sommes le monde 1
AArts Caribbean – « Vous faites partie d’un groupe d’artistes Guadeloupéens dénommé « KOUKARA Koulè Karayib», dont vous êtes le fondateur.Quel est le fondement de cette alliance ? »
Klodi Cancelier – «
En 1988 le constat n’était pas bien différent de ce qu’il peut être aujourd’hui. Pas d’école d’art, pas de lieu d’exposition adapté, un nombre restrein d’artistes, très peu de gens fréquentant les expositions ; à côté de cela des institutions qui ne jouent pas le jeu, par manque de moyens, les arts plastiques étant bien entendu les derniers servis.
L’identité caribéenne est en questionnement dans la caraïbe.
René LOUISE, membre fondateur du groupe fromajé, association de cinq plasticiens martiniquais se sont déjà réunis pour créer autour d’une esthétique caribéenne.
En 1979 il sortait le « Manifeste du Marronisme Moderne », philosophie de l'esthétisme des artistes de la Caraïbe et d'Amérique Latine. Nous l’avons rencontré à plusieurs reprises en Guadeloupe.
L’idée fait son chemin.
Nous avions besoin de nous retrouver, de nous recentrer, de nous ressourcer
Le statut colonial avait imposé des barrières qui ont fragmenté, cassé le processus historique.
Il nous fallait récupérer les fragments et les réordonner pour nous rencontrer dans l’unité et la diversité culturelle caribéenne.
Beaucoup d’initiatives étaient nées dans la caraïbe et se développaient dans le but d’intégrer de manière consciente les éléments permettant de recomposer les codes de l’iconographie de l’origine, les mythes et l’émotion créatrice.
Parmi ces initiatives le Festival Indigo en Guadeloupe verra le jour au début des années 90. Festival qui réunira pendant quelques années au Fort Fleur d’Epée les artistes de tout le bassin de la caraïbe.
Il y aura également à Curaçao en 1993 CARIBART qui réunit les artistes de toute la caraïbe.C’est à cette époque, en 1988, que sous l’impulsion de Lucien Léogane et moi-même 5 plasticiens décident de se regrouper afin de créer une structure de création, de recherche et de réflexion dans le domaine des arts plastiques.
Le groupe KOUKARA nait avec la ferme volonté de s’inscrire dans ce courant d’art moderne novateur que nous avons qualifié d’esthétique caribéenne contemporaine.
Suivront beaucoup d’expositions collectives en Guadeloupe, Martinique, Canada, Etats-Unis, France ; une participation de tout le groupe à la création et au développement du festival INDIGO etc…A.C. – « Aujourd’hui qu’en est-il de votre démarche personnelle. Comment se nourrit-elle ?
K.C. – «
Le monde est mon champ puisqu’en moi il y a tous les mondes
Ma démarche n’a pas changé
Je véhicule toujours le son métaphorique d'un temps autre qui revient de loin.
Je me fais toujours l'écho qui répète la voix silencieuse de la mémoire syncrétique que le spectateur pourra entendre.
Je continue à montrer l'importance du référent culturel dans mon oeuvre.
Je persiste à parler la parole séculaire de nos origines.
J’ exprime toujours l'harmonie du cosmos, la grandeur et la sublimité du divin, la profondeur et la richesse du génie humain, la puissance du sacré.
L’humain est au centre de mon œuvre.
« Nous sommes le monde » dis-je haut et fort.A.C. – « Pensez-vous que vos œuvres sous forme d’assemblages et de codes picturaux, faisant référence à l’identité caribéenne, soient à la portée de tout un chacun dans la compréhension du message ? »
K.C. – «
En 2007 je pense qu’il n’y a pas de difficulté pour le grand public à lire ces œuvres.
Depuis 20 ans beaucoup de choses ont changé. Les programmes scolaires permettent depuis longtemps de faire des projets en arts plastiques à partir de la maternelle. Il existe depuis les années 80 « La semaine de l’art ». Toute une génération d’enfants aujourd’hui adultes a été formée à la lecture d’œuvres. J’ai moi-même souvent été invité dans des écoles, collèges et Lycées pour échanger avec les élèves. Je pense qu’il n’y aucun problème compréhension des oeuvres.
.Je crois que maintenant le public est très sensible à tout ce qui touche à l’identité et qu’il reconnaît les codes y faisant référence.
Le nombre des expositions a considérablement augmenté ainsi que la fréquentation des lieux d’exposition.
Le problème ne se situe pas dans la compréhension des œuvres mais dans le geste d’aquisition de l’œuvre.
C’est le palier qui reste à franchir.A.C. – « Seriez-vous capable de dire ce qui distingue les plasticiens Guadeloupéens des plasticiens Martiniquais ? »
K.C. – «
A mon sens la seule difference est que les plasticiens Martiniquais ont à leur dispositions des galeries et des lieux d’exposition qui fonctionnent. Il existe aussi en Martinique le Festival des sens et le Marché d’Art Contemporain du Marin entre autre.
En Guadeloupe quelques artistes mal intentionnés ont “tué” INDIGO. Ce qui m’amène à penser qu’il existe une plus grande solidarité en Martinique.
Je pense également que le marché de l’art est beaucoup plus dynamique qu’en Guadeloupe où il n’existe actuellement que 3 galeries. Le Centre des Arts est dans un état lamentable et Le Centre Rémy Nainsouta n’est pas très adapté. D’autres lieux existent à Saint-François ou dans des restaurants. Quelques expos privées ont lieu également mais comme on dit ici “Tou sa pa sa!”.
En ce qui concerne la pratique picturale je ne vois pas de difference.A.C. – « Des projets pour le deuxième semestre ? »
K.C. – « Une exposition dans une galerie du Gosier.
Une autre exposition en Europe dont Paris.
Des commandes.
Pour l’instant on bosse.
On en reparlera. Rendez-vous sur Artawak dans quelques mois.Caribbean – « Vous faites partie d’un groupe d’artistes Guadeloupéens dénommé « KOUKARA Koulè Karayib», dont vous êtes le fondateur. Quel est le fondement de cette alliance ? »
Klodi Cancelier – «
En 1988 le constat n’était pas bien différent de ce qu’il peut être aujourd’hui. Pas d’école d’art, pas de lieu d’exposition adapté, un nombre restrein d’artistes, très peu de gens fréquentant les expositions ; à côté de cela des institutions qui ne jouent pas le jeu, par manque de moyens, les arts plastiques étant bien entendu les derniers servis.
L’identité caribéenne est en questionnement dans la caraïbe.
René LOUISE, membre fondateur du groupe fromajé, association de cinq plasticiens martiniquais se sont déjà réunis pour créer autour d’une esthétique caribéenne.
En 1979 il sortait le « Manifeste du Marronisme Moderne », philosophie de l'esthétisme des artistes de la Caraïbe et d'Amérique Latine. Nous l’avons rencontré à plusieurs reprises en Guadeloupe.
L’idée fait son chemin.
Nous avions besoin de nous retrouver, de nous recentrer, de nous ressourcer
Le statut colonial avait imposé des barrières qui ont fragmenté, cassé le processus historique.
Il nous fallait récupérer les fragments et les réordonner pour nous rencontrer dans l’unité et la diversité culturelle caribéenne.
Beaucoup d’initiatives étaient nées dans la caraïbe et se développaient dans le but d’intégrer de manière consciente les éléments permettant de recomposer les codes de l’iconographie de l’origine, les mythes et l’émotion créatrice.
Parmi ces initiatives le Festival Indigo en Guadeloupe verra le jour au début des années 90. Festival qui réunira pendant quelques années au Fort Fleur d’Epée les artistes de tout le bassin de la caraïbe.
Il y aura également à Curaçao en 1993 CARIBART qui réunit les artistes de toute la caraïbe.C’est à cette époque, en 1988, que sous l’impulsion de Lucien Léogane et moi-même 5 plasticiens décident de se regrouper afin de créer une structure de création, de recherche et de réflexion dans le domaine des arts plastiques.
Le groupe KOUKARA nait avec la ferme volonté de s’inscrire dans ce courant d’art moderne novateur que nous avons qualifié d’esthétique caribéenne contemporaine.
Suivront beaucoup d’expositions collectives en Guadeloupe, Martinique, Canada, Etats-Unis, France ; une participation de tout le groupe à la création et au développement du festival INDIGO etc…A.C. – « Aujourd’hui qu’en est-il de votre démarche personnelle. Comment se nourrit-elle ?
K.C. – «
Le monde est mon champ puisqu’en moi il y a tous les mondes
Ma démarche n’a pas changé
Je véhicule toujours le son métaphorique d'un temps autre qui revient de loin.
Je me fais toujours l'écho qui répète la voix silencieuse de la mémoire syncrétique que le spectateur pourra entendre.
Je continue à montrer l'importance du référent culturel dans mon oeuvre.
Je persiste à parler la parole séculaire de nos origines.
J’ exprime toujours l'harmonie du cosmos, la grandeur et la sublimité du divin, la profondeur et la richesse du génie humain, la puissance du sacré.
L’humain est au centre de mon œuvre.
« Nous sommes le monde » dis-je haut et fort.A.C. – « Pensez-vous que vos œuvres sous forme d’assemblages et de codes picturaux, faisant référence à l’identité caribéenne, soient à la portée de tout un chacun dans la compréhension du message ? »
K.C. – «
En 2007 je pense qu’il n’y a pas de difficulté pour le grand public à lire ces œuvres.
Depuis 20 ans beaucoup de choses ont changé. Les programmes scolaires permettent depuis longtemps de faire des projets en arts plastiques à partir de la maternelle. Il existe depuis les années 80 « La semaine de l’art ». Toute une génération d’enfants aujourd’hui adultes a été formée à la lecture d’œuvres. J’ai moi-même souvent été invité dans des écoles, collèges et Lycées pour échanger avec les élèves. Je pense qu’il n’y aucun problème de compréhension des oeuvres.
.Je crois que maintenant le public est très sensible à tout ce qui touche à l’identité et qu’il reconnaît les codes y faisant référence.
Le nombre des expositions a considérablement augmenté ainsi que la fréquentation des lieux d’exposition.
Le problème ne se situe pas dans la compréhension des œuvres mais dans le geste d’aquisition de l’œuvre.
C’est le palier qui reste à franchir.A.C. – « Seriez-vous capable de dire ce qui distingue les plasticiens Guadeloupéens des plasticiens Martiniquais ? »
K.C. – «
A mon sens la seule difference est que les plasticiens Martiniquais ont à leur disposition des galeries et des lieux d’exposition qui fonctionnent. Il existe aussi en Martinique le Festival des sens et le Marché d’Art Contemporain du Marin entre autre.
En Guadeloupe quelques artistes mal intentionnés ont “tué” INDIGO. Ce qui m’amène à penser qu’il existe une plus grande solidarité en Martinique.
Je pense également que le marché de l’art est beaucoup plus dynamique qu’en Guadeloupe où il n’existe actuellement que 3 galeries. Le Centre des Arts est dans un état lamentable et Le Centre Rémy Nainsouta n’est pas très adapté. D’autres lieux existent à Saint-François ou dans des restaurants. Quelques expos privées ont lieu également mais comme on dit ici “Tou sa pa sa!”.
En ce qui concerne la pratique picturale je ne vois pas de difference.A.C. – « Des projets pour le deuxième semestre ? »
K.C. – « Une exposition dans une galerie du Gosier.
Une autre exposition en Europe dont Paris.
Des commandes.
Pour l’instant on bosse.
On en reparlera. Rendez-vous sur Artawak dans quelques mois.