-1ère étape :
Etat des lieux constitué d’une série de
paysages intérieurs qui m’à permis
de (re)vivre la liberté de la créativité bien
souvent étouffée ou restreinte par le raisonnement
analytique, mais aussi de m’ouvrir à une anticipation
imaginaire de moi-même dont je suis l’évolution.
Elle offre à la
fois du détachement et de l’ intérêt à l’ essence
de l’ être.
-2éme étape :
Réflexion sur les éléments forts et les
particularités de mon identité caribéennne.
Cette thématique
offre une vision selon mon ressenti, de notre identité complexe
parce que mutable et mutante. De plus, la complexité de
nos espaces mentaux rend la lisibilité de cette identité hermétique à tous
regards extérieurs non avertis.
Aussi, mon
parti pris identitaire s’ appuie sur deux postulats simples
:
-Ce
que je fais témoigne de qui je suis, -Je subis
l’ influence du milieu dans lequel je vis , autant que
j’influence celui-ci.
C’est
pourquoi il est possible de considérer (en terme d’esthétique
) qu’au travers de l’ usage des procédés
comme l’accumulation, la superposition ou dans l’ usage
de petits formats pour réaliser une grande oeuvre ...
il y a une évocation de l’ histoire de notre société.
C’est
aussi pour cela qu’ une même oeuvre concilie dans
un même espace et dans un même propos des considérations
politiques, spirituelles et sociales.
Que
mes formats souvent verticaux tiennent compte des particularités
architecturales caribéennes (je cite par exemple les
petits pans de mur sont percés de nombreuses fenêtres.)
ou peuvent conditionner l’utilisation d’ éléments
de récupération, posture à la fois à contre
courant de notre société consumériste
et expression d’une sensibilisation à la notion
d’énergies renouvelables.
Ou encore
celle du mixage et du détournement de procédés
techniques comme ceux qui ont débouchés sur la
technique hybride que je nomme PICTOGRAVURE : technique utilisant
le procédé classique de la taille douce que je
soumets ensuite à un encrage aléatoire et à des
passages sucessifs à la presse.
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Ce
sont ainsi des prototypes que je retravaille graphiquement
et plastiquement. Je redéfinis ainsi la pratique
de la gravure, utilisant une même matrice, à la
base conçue pour la série, pour aboutir à des
tirages uniques.
Enfin, en
accord avec la phrase qui dit que ”l’ Art est
ce qui rend la vie plus intéressante que l’Art
!”,je considère mon engagement social en
Martinique comme étant une autre expression de cette
thématique car je pense, comme Joseh Beuys avant moi, à “un
art total et social.”
-3éme étape :
Expression d’ une identité psychologique. J’ai
pu à travers la création donner une expression “légitime” à des émotions “étranglées” ,”difficiles” ou
oubliées. Mon travail ne consistait pas à trouver
une réponse au pourquoi, mais de proposer un itinéraire
de l’être au présent, dans le territoire
du symbolique vers un “à venir” imprévisible
que je me contente d’infléchir vers un” être
d’ avantage.”
-4éme étape .
Aujourd’hui je me consacre, à l’expression
d’ une identité spirituelle et symbolique au travers
de créations telles que des boucliers divins, des autels
intérieurs et des fétiches.
Pressentant
l’immense fossé existant entre la réalité (toujours à l’extérieur)
et le réel (à l’intérieur), deux
pistes fondamentalement différentes se sont dessinées
:
1
- La
première,
dominante dans le monde occidentale, est celle de la conquête,
l’appropriation, la tentative de contrôle et
de main mise sur cette réalité.
Piste jonchée
de violences, d’errrances et de destructions, même
si elle a débouché sur des réussites considérables.
2
- la
seconde piste, davantage centrée sur la prise en considération
du réel plutôt que de la réalité,
se fonde sur la reconnaissance de ce réel, sur son
apprivoisement, et d’une certaine façon, sur
la tentative de la maîtriser.
3
- Cette
forme d’approche sur laquelle se fonde notre société caribéenne
a pu prendre en compte l’imaginaire qui tentait de
relier les deux démarches. Ce fut la grande fonction
des contes, des proverbes, des mythes, de l’art et
du symbolique. Ce champ imaginaire et métaphorique
s’exprime dans ma création à travers
l’usage de bougies, de clous, de fer à cheval,
d’épines d’acacias ou l’usage de
pentacles … qui participent à l’esthétique
de mes autels, gris-gris, et font référence
aux “protègements”, “montages”, “arrangements” et
autres “quimbois”.
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