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  DEMARCHE

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Peinture

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Depuis cinq ans, mon travail s’inscrit dans la continuité d’une réflexion identitaire personnelle qui se décline en plusieurs étapes :

-1ère  étape : Etat des lieux constitué d’une série de paysages intérieurs qui m’à  permis de (re)vivre la liberté de la créativité bien souvent étouffée ou restreinte par le raisonnement analytique, mais aussi de m’ouvrir à une anticipation imaginaire de moi-même dont je suis l’évolution.

Elle offre à la fois du détachement et de l’ intérêt à l’ essence de l’ être.

-2éme étape : Réflexion sur les éléments forts et les particularités de mon identité caribéennne.

Cette thématique offre une vision selon mon ressenti, de notre identité complexe parce que mutable et mutante.
De plus, la complexité de nos espaces mentaux rend la lisibilité de cette identité hermétique à tous regards extérieurs non avertis.

Aussi, mon parti pris identitaire s’ appuie sur deux postulats simples :

 -Ce que je fais témoigne de qui je suis,
 -Je subis l’ influence du milieu dans lequel je vis , autant que j’influence celui-ci.

C’est pourquoi il est possible de considérer (en terme d’esthétique ) qu’au travers de l’ usage des procédés comme l’accumulation, la superposition ou dans l’ usage de petits formats pour réaliser une grande oeuvre ... il y a une évocation de l’ histoire de notre société.

C’est aussi pour cela qu’ une même oeuvre concilie dans un même espace et dans un même propos des considérations politiques, spirituelles et sociales.

Que mes formats souvent verticaux tiennent compte des particularités architecturales caribéennes (je cite par exemple les petits pans de mur sont percés de nombreuses fenêtres.) ou peuvent conditionner l’utilisation d’ éléments de récupération, posture à la fois à contre courant de notre société consumériste et expression d’une sensibilisation à la notion d’énergies renouvelables.

Ou encore celle du mixage et du détournement  de procédés techniques comme ceux qui ont débouchés sur la technique hybride que je nomme PICTOGRAVURE : technique utilisant le procédé classique de la taille douce que je soumets ensuite à un encrage aléatoire et à des passages sucessifs à la presse.

Ce sont ainsi des prototypes que je retravaille graphiquement et plastiquement.
Je redéfinis ainsi la pratique de la gravure,  utilisant une même matrice, à la base conçue pour la série, pour aboutir à des tirages uniques.

Enfin, en accord avec la phrase qui dit que ”l’ Art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’Art !”,je considère mon engagement social en Martinique comme étant une autre expression de cette thématique car je pense, comme Joseh Beuys avant moi, à “un art total et social.”

-3éme étape : Expression d’ une identité psychologique.
 J’ai pu à travers la création donner une expression “légitime” à des émotions “étranglées” ,”difficiles” ou oubliées.
Mon travail ne consistait pas à trouver une réponse au pourquoi, mais de proposer un itinéraire de l’être au présent, dans le territoire du symbolique vers un “à venir” imprévisible que je me contente d’infléchir vers un” être d’ avantage.”

-4éme étape . Aujourd’hui je me consacre, à l’expression d’ une identité spirituelle et symbolique au travers de créations telles que des boucliers divins, des autels intérieurs et des fétiches.

Pressentant l’immense fossé existant entre la réalité (toujours à l’extérieur) et le réel (à l’intérieur), deux pistes fondamentalement différentes se sont dessinées :

   1 - La première, dominante dans le monde occidentale, est celle de la conquête, l’appropriation, la tentative de contrôle et de main mise sur cette réalité.

Piste jonchée de violences, d’errrances et de destructions, même si elle a débouché sur des réussites considérables.

   2 - la seconde piste, davantage centrée sur la prise en considération du réel plutôt que de la réalité, se fonde sur la reconnaissance de ce réel, sur son apprivoisement, et d’une certaine façon, sur la tentative de la maîtriser.

   3 - Cette forme d’approche sur laquelle se fonde notre société caribéenne a pu prendre en compte l’imaginaire qui tentait de relier les deux démarches. Ce fut la grande fonction des contes, des proverbes, des mythes, de l’art et du symbolique. Ce champ imaginaire et métaphorique s’exprime dans ma création à travers l’usage de bougies, de clous, de fer à cheval, d’épines d’acacias ou l’usage de pentacles … qui participent à l’esthétique de mes autels, gris-gris, et font référence aux “protègements”, “montages”, “arrangements” et autres “quimbois”.