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Archéologie Picturale Texte de présentation de l'exposition de Christina PICHI au Centre Culturel Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre. |
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L'Archéologie Picturale que vous découvrez aujourd'hui est le fruit et l'aboutissement premier d'une démarche théorique patiemment élaborée, rigoureusement cadrée pour offrir au public et aux amateurs le suc d'une approche picturale originale. En effet, c'est dès 1995 que l'artiste initie cette démarche de réflexion critique sur les fondements Amérindiens de la culture Caribéenne. Un mémoire de plus d'une centaine de pages intitulées "Vestiges de la culture précolombienne dans l'Art des Grandes Antilles", analyse les apports amérindiens, fécondant loeuvre de cinq artistes caribéens référents. En permettant à l'artiste de découvrir et de s'imprégner des mythes et symboles fondateurs de l'aire civilisationnelle amérindienne, ce travail théorique conforte et enracine sa passion pour ces civilisations, particulièrement éradiquées de notre paysage humain et culturel. Elle lui permet aussi de s'approprier les outils et les références graphiques qui lui permettront d'enrichir sa palette picturale. De fait les compositions picturales de Christina PICHI s'appuient sur une connaissance intime de la mythologie pré-colombienne réinjectée dans une dynamique plastique parfaitement contemporaine. Chacune de ses toiles s'érige en territoire autonome, eux-même subdivisés en sous-espaces déclinant un thème fort des cosmogonies amérindiennes. Ces espaces en interractions constantes sont investis par l'artiste comme autant de "parcelles picturales" d'où elle fera émerger des copositions surprenantes.La complexité et l'entrelasage de techniques multiples et diverses tissent un langage plastique déroutant mais parfaitement maîtrisé. "L'Archéologie Picturale" qui nos est proposée par un subtil et patient travail de collage, de grattage conjugués à des techniques mixtes incluant l'utilisation du pastel gras, l'insertion ponctuelle de raphia, de papier de soie ou de carton ordonne l'espace de la toile par affouillement successifs. Strates après strates affleurent les éléments-clés de la coposition - la grenouille et la chauve-souris symboles respectifs de la femme et de l'hommesont omniprésents. Ils émergent de la roche mère de la toilecomme autant de balises dialoguant par-dessus les îles dans ce vaste continent civilisationnel qu'est l'espace insulaire caribéen. Il nous renvoie, en contrepoint à travers l'évocation du Rituel de la Cohoba et des transes chammaniques qui s'y rattachent, à notre désacralisation et à la déritualisation de notre société livrée aux vents des mauvais Chammans. Ils nous incitent, ce faisant, à dépasser la fade actualité pour investir peut-être rétablir la filiation historique, culturelle et spatiale féconde qui nous rendra irréductiblement verticaux et créatifs à l'image de ses pères fondateurs de la culture caribéenne qui nous ont forgé au-delà du temps.
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